Sacrifices _____________________________________________________________________________________________________ Chapitre 13 : La Fin.
Booth se réveilla difficilement, reprenant peu à peu conscience. Allongé sur une surface qu'il identifia comme étant dure et froide, il commença par porter sa main à son front, maculé de sang séché et fit immédiatement l'inventaire de ses blessures.
Il fit rouler chacune de ses articulations, commençant par les chevilles qui ne présentaient aucune blessures apparentes. Ses genoux lui faisaient mal, mais c'était supportable. Seeley devina que cette douleur était due à sa chute dans l'entrée de sa demeure, après que son ravisseur l'aie assommé, probablement avec la crosse d'un semi-automatique. Il passa en revue ses membres supérieurs, rien à signaler de ce côté-là. Au final, seules sa tête et ses cervicales lui faisaient un mal de chien. Problème : avec un mal de crâne pareil, il ne serait jamais à même de mettre une raclée à son ravisseur... L'agent convînt donc que la meilleure solution était la fuite.
Se relevant difficilement, il avança à tâtons dans la pièce où il était enfermé, plongée dans le noir complet. Bientôt, il rencontra la surface rugueuse et étrangement humide des murs, d'où il entendait ruisseler un fin filet d'eau. Se dirigeant vers la source du bruit, ses doigts entrèrent en contact avec le liquide. Cette soudaine humidité lui fit prendre conscience à quel point il avait soif. Cet état de déshydratation le renseigna sur le temps probable qu'il avait passé ici : sûrement deux ou trois heures. Seeley secoua la tête et le regretta très vite amèrement puisque cela venait d'augmenter son mal de crâne déjà considérable.
Il songea brièvement qu'un peu d'eau lui ferait du bien, et même s'il n'avait pas très envie d'en être réduit à passer sa langue sur le mur, il s'y résolu pour son propre bien.
L'eau était fade. Elle avait comme un goût de... renfermé. L'odeur de celle-ci lui rappelait celle de l'eau bénite de l'église où il se rendait chaque dimanche comme enfant de ch½ur lorsqu'il était enfant. Il en conclut qu'il devait se trouver dans un quelconque sous-sol ou crypte... Brennan le retrouverait-il ? Il tâta furtivement ses poches à la recherche de son portable. Vides. Évidemment. Pauvre Temp'. Elle devait s'inquiéter. Surtout Parker. Son c½ur se serra. La perspective de ne plus jamais revoir les deux êtres qu'il aimait le plus au monde lui redonna l'espoir et la rage de vivre. Quelque peu ragaillardi, il conserva leur image dans sa tête et reprit sa quête vers la sortie et une possible fuite. Il continua à tâter le mur et rencontra bientôt un angle, constatant ainsi la petitesse de la pièce dans laquelle il se trouvait. Enfin, il sentit une porte sous ses doigts. Elle était de bois, semblait de manufacture ancienne. Ceci confirma son hypothèse d'être enfermé dans une crypte.
De la serrure émanait une faible lumière. Il se pencha et ms son ½il au niveau de la serrure mais n'en tira rien de concluant, hormis le fait que son ravisseur, de dos, semblait affairé à tresser quelque chose. Booth déglutit. Avec l'abruti derrière la porte, pas question d'essayer de s'enfuir ou de faire le moindre bruit. Quitte à mourir, autant que ce soit le plus tard possible...
Il recula sans bruit mais constata avec horreur qu'il venait de marcher dans la flaque produite par le mince filet d'eau. Seeley s'immobilisa, espérant que son ravisseur n'ait rien entendu, mais finit par jurer en entendant des bruits de pas se diriger vers la porte.
Il ne lui restait plus aucune échappatoire, hormis essayer d'assommer le nouvel arrivant en se plaquant derrière la porte, ce qu'il choisit de faire. Le c½ur battant si fort qu'il ressentit chacune de ses pressions à ses tempes, Seeley Booth attendit que son futur meurtrier fasse son entrée dans sa cellule.
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Brennan se sentait brisée, cassée, anéantie. Elle ne comprenait pas. Tout avait été résolu ! Ils l'avaient trouvé ce tueur, ils l'avaient résolue cette enquête ! Elle frissonna pour la énième fois, animée par ce froid qui s'insinue à la suite de la perte d'un être cher. Elle sentit soudain qu'on l'entourait d'un plaid et qu'on lui confiait un mug de café dans les mains. Elle leva son regard vide sur la personne qui lui portait une telle attention, complètement déconnectée de la réalité. C'était son père qui lui assénait un léger baiser sur le front en lui promettant que tout allait bien se passer. Temperance enregistra à peine l'information, se contentan d'acquiescer légèrement d'un mouvement de tête.
Max lui caressa brièvement les cheveux, inquiet de son état, et demanda à sa belle-fille de rester auprès d'elle avec les enfants. Il fallait qu'elle garde contact avec la réalité. Car elle semblait bel et bien absorbée dans une autre dimension, complètement étrangère à toute l'agitation autour d'elle depuis la découverte de la scène d'horreur.
_Angela ! Faites votre cocktail anti-gueule de bois pour Zack ! Nous allons avoir besoin de son cerveau ! s'écria Camille, qui essayait tant bien que mal de prendre les choses en main.
_Bien reçu ! fit l'interessée en se dirigeant à la cuisine, à la recherche d'oeufs.
Sur la table de la salle à manger avait été étalé une carte de Washington où Sweets répertoriait chacun des lieux des crimes.
A l'autre bout de la table, Cam, en parfaite ex-flic, résumait avec l'aide de Caroline et de Karen ce qu'ils savaient du tueur sur une feuille vierge qui se noircissait bien trop peu au goût de Max.
_Il faut écarter la piste du suspect que nous avons coffré. Je suis sûre qu'il n'a rien à voir là-dedans, dit Caroline. C'était juste un pion sur l'échiquier.
Cam aquiesça et barra le nom du suspect de sa feuille.
Pendant ce temps, Angela revenait de la cuisine avec son cocktail qui avait selon les dires de Russ une odeur ignoble. A cela, l'artiste ne répondit rien, se contentant de faire avaler la boisson à Zack qui grimaça quelque peu.
_Voilà. Il devrait être opérationnel d'ici un quart d'heure.
_Merci Angela, fit Jack.
Elle ne dit rien et rejoignit Brennan pour la consoler un peu.
Quelques minutes plus tard, on n'avait toujours pas fait avancer la situation.
_Ce n'est pas possible, quelque chose nous échappe. C'est un tueur en série. Il a forcément un mode opératoire !
A ces mots, Zack, qui avait un peu reprit ses esprits, se leva et jeta un oeil par dessus l'épaule de Cam.
_Attendez... Dit-il en s'emparant de la feuille. Avez-vous remarqué que tout fonctionne par 4 chez lui ?
Lance Sweets releva la tête, intéressé par les propos du jeune homme.
_Comment ça ? Développez !
_Eh bien regardez, Il s'assit devant l'ordinateur, aux côtés d'Hodgins, les meurtres ont été établis tous les 4 jours : le 13 décembre, le 17 et le 21. Ensuite, il y a 4 évangiles dans la Bible, et il les a toutes "utilisées", sauf celle de Jean. Enfin, dès le début, il avait prévu qu'il y aurait 4 victimes. Et la dernière est Booth...
La nouvelle jeta un froid sur l'équipe, mais tous savaient qu'il avait raison.
_Oui, mais pourquoi tuer Booth en dernier alors que le tueur savait qu'il enquêterait sur lui ? s'étonna Chuck.
Personne ne répondait à la question jusqu'à ce que la voix frêle de Brennan s'élève :
_Il ne l'a pas tué en premier car il avait un lien affectif avec lui... murmura-t-elle, fragile alors que tous les regards s'étaient levés vers elle.
_Un lien ? Ils se connaîtraient donc ?! s'exclama Caroline.
Brennan opina, et sa voix reprit de l'assurance.
_Booth connaissait toutes les victimes. Et il est évident que toutes les victimes connaissent le tueur puisqu'elles ne se sont pas défendues lors de leurs enlèvement.
_Mais enfin pourquoi ne nous a-t-il rien dit ! s'écria Sweets, furieux de ne pas l'avoir découvert lui-même.
Temperance ne répondit pas. Elle n'en avait aucune idée.
_Où se sont-ils connus ? demanda Hodgins.
_A l'armée. Répondit Sweets en devançant Brennan
_Ok, je fais des recherches là-dessus.
_Booth avait une photo de ses amis et lui, je vais la chercher.
_Oui, merci, ça m'aiderait bien avoua Jack.
Et Brennan s'éclipsa en compagnie de son amie.
En attendant que l'ordinateur charge et craque les fichiers de l'armée, Hodgins se pencha au-dessus dela carte où étaient répertoriés les lieux des crimes.
_Et s'il marchait par 4 aussi ici ?
Chuck fronça les sourcils mais laissa faire l'entomologiste lorsque celui-ci lui prit le stylo des mains.
_Regardez, il a orienté ses lieux en direction des 4 points cardinaux. Ici nous avons le Nord, l'Est et l'Ouest, tous situés à équidistance de ce point-là ! dit-il en pointant le site du doigt.
_Un échangeur autoroutier ? fit Cam, sceptique.
Hodgins l'ignora. "Donc, en toute logique, Booth devrait se trouver ici !" le marqueur se trouvait dans une zone industrielle.
_Ou là. Fit la voix de Zack. Et il s'empara du marqueur qu'il pointa sur une église du sud de la ville. Il n'y aurait alors plus équidistance mais une croix dessinée à travers les lieux de ses crimes...
Max approuva.
_Cette théorie me paraît plus plausible.
_Et en parfait accord avec le profil du tueur, renchérit Sweets. De plus le point de convergence est un cimetière catholique, c'est beaucoup plus probant.
_Oui, mais il a très bien pu appliquer la théorie de Jack, admit Zack.
Tout le monde resta dubitatif.
_Il faut nous séparer dans ce cas... fit Chuck.
A cet instant, l'ordinateur émit un signal sonore indiquant que les fichiers recherchés étaient chargés.
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Au même moment, à quelques kilomètres au sud de la ville, Booth attendait toujours que son ravisseur daigne se montrer, derrière une porte de bois. Il avait conscience de son état de faiblesse mais se savait capable de rompre le cou de l'homme dès son arrivée dans la pièce, évènement imminent.
L'homme avait entendu un bruit d'eau dans la cellule de son prisonnier. Souriant, "Le père Quiam" comme il aimait à s'appeler lui-même pensa avec une certaine joie qu'il allait enfin pouvoir s'amuser. Néanmoins, il s'était jurer de traiter Booth avec plus de condescendance.... Avec lui, il serait plus... gentil. Glissant ses clefs dans la serrure de la lourde porte de bois, l'homme se rappela soudain de la vivacité de son prisonnier et de la capacité de celui-ci à tuer proprement et simplement un assaillant. Aussi n'eut-il aucun doute sur sa position actuelle... C'est ainsi qu'il ouvrit la porte avec fracas, mettant toute sa force à pousser la porte qui, comme il l'avait prévu s'écrasa sur le détenu.
_Booth !... Ainsi t'es tu réveillé ! s'exclama-t-il d'une voix douce, comme s'il parlait à un invité.
L'agent s'était pris la porte de plein fouet et massa vigoureusement son front douloureux, avant de tomber contre le mur, complètement sonné. Levant les yeux, il observa la silhouette qui s'avançait vers lui. Les jeux d'ombres et de lumière ne lui permirent pas de distinguer son visage mais il put aisément deviner qu'il portait une toge de frère franciscain retenue à la taille par une cordelette.
_Ta nouvelle pièce à vivre te plaît ? fit la voix désincarnée de l'homme.
N'attendant pas de réponse, il poursuivit :
_Rassure-toi, tu n'y resteras pas longtemps... Juste le temps de manger ton dernier repas...
Booth fronça les sourcils. Cette voix lui semblait familière. Le pasteur Quiam regarda son détenu et jugea qu'il était en trop bonne forme. S'avançant vers lui, il lui donna un coup de pieds dans le ventre. Seeley se tordit de douleur alors que son ravisseur allait chercher un plateau où se trouvait une ostie, un calice de vin, du papier et un stylo. Posant le plateau devant l'agent, l'homme s'agenouilla et lui murmura :
_Tu sais Seeley, je ne voulais pas te tuer mais... tu étais là ce jour-là... Et même si tu ne voulais pas m'abandonner... Tu l'as fait ! Alors... j'ai décidé d'être plus clément avec toi, car tu ne le voulais pas vraiment après tout... Avant de te purifier de ce péché, je te permet d'écrire une lettre à ton amie... Temperance Brennan je crois, c'est cela ?
A l'écoute du nom de sa bien-aimée, Booth se releva tant bien que mal, malgré la douleur qui irradiait sa tête et ses viscères.
_Laisse la en dehors de ça ! Espèce de vieux fou !
Quiam éclata d'un rire à la limite du démoniaque.
_Mais je ne suis pas si vieux que cela Seeley ! Ne te rappelles donc tu pas de moi ? Tu m'as... oublié ?
L'homme se releva et fixa Booth, l'air dédaigneux.
_Tu me déçois Seeley. Beaucoup. Mais je suis sûr que ta mémoire te reviendra vite... Mange. Dit-il soudain plus sèchement. N'oublies pas que c'est ton dernier repas. Je prierai pour toi derrière la porte.
Et il sorti brusquement.
Seeley se passa une main sur les yeux, aveuglé par la lumière vive qui venait de s'allumer au dessus de lui. Cette fois c'était la fin. Personne ne le trouverait. Et qui était cet homme qui prétendait le connaître ?
Il réfléchit, se remémorant les propos de l'homme. Ils l'avaient "abandonné"... "Ils" sous-entendant lui et les autres victimes, il en était sûr...
Mais qui avaient-ils bien pu abandonner ?
Soudain, la lumière se fit dans son esprit.
Non. C'était impossible.
Seeley scruta son plateau. C'était la fin.
Alors il fit ce qui lui semblait le mieux à faire. Il s'empara du stylo et commença à coucher quelques mots sur le papier pour sa Bones.
C'était la fin. Dehors, Quiam récitait sa Bible comme une sinistre oraison funèbre.
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